Étude de cas : Tout ce que vous devez savoir sur les bassins d'orage
Les bassins d'orage ont déjà amplement fait leurs preuves par le passé. Le stockage temporaire des eaux de pluie provenant du sol et/ou des toits et la régulation éventuelle de volumes d'eau exceptionnellement importants en cas de fortes pluies permettent de limiter les risques d'inondation et de saturation du réseau d'égouttage. Les directives relatives à l'évacuation des eaux de pluie sont inscrites dans un cadre législatif qui est un peu plus rigoureux et détaillé en Région de Bruxelles-Capitale qu'en Flandre et en Wallonie. En Belgique, chaque jour, des espaces ouverts sont artificialisés en raison de l'urbanisation toujours croissante (au cours des trente dernières années, cela représente un total ahurissant de 1 400 km², soit 46 km² par an). Cela pose logiquement des problèmes en matière d'évacuation des eaux de pluie. Heureusement, il existe divers produits (par exemple, des revêtements perméables) et techniques qui limitent quelque peu les dégâts. Ils préviennent les inondations et soulagent le réseau d'égouttage qui, malgré des inspections régulières et des travaux d'entretien périodiques, n'est pas toujours en mesure de capter et d'absorber les grandes quantités d'eau de pluie – en particulier lors de fortes averses ou d'orages violents.

Bassins de rétention ou d'infiltration
Les bassins d'orage offrent une solution simple et efficace pour la récupération des eaux de pluie qui se retrouvent en masse sur les routes ou les toits des bâtiments. Il en existe deux types : les bassins de retenue et les bassins d'infiltration. Les bassins de retenue collectent l'eau de pluie en fonction de sa (ré)utilisation ultérieure. Ainsi, dans de nombreuses maisons unifamiliales et immeubles à appartements, elle est utilisée pour la chasse des toilettes. Les bassins d'infiltration garantissent que l'eau de pluie collectée s'écoule, avec ou sans retardement, vers le sol, un étang, un ruisseau, une caniveau d'évacuation ou les égouts. Ils sont souvent utilisés dans de grands projets de construction (nouveaux lotissements, centres commerciaux...).
La Flandre et la Wallonie sur la même longueur d'onde
Beaucoup a déjà été dit et écrit sur les différences entre la Flandre et la Wallonie. Pourtant, les deux régions sont sur la même longueur d'onde en matière de législation sur l'évacuation des eaux de pluie. Qu'il s'agisse de maisons unifamiliales ou d'immeubles à appartements, elles mettent l'accent sur l'infiltration. Dans le cas de réalisations plus importantes, de sols insuffisamment perméables à l'eau ou de projets où la récupération d'eau fait partie intégrante de la conception, les villes et les communes optent plutôt pour des bassins de tamponnement. Depuis le 1er janvier 2014, la Flandre est liée par les directives du règlement urbanistique régional sur l'eau de pluie. De plus, l'installation d'un bassin d'infiltration dans l'espace public doit être conforme aux prescriptions du Code de bonne pratique pour la conception, la construction et l'entretien des réseaux d'égouttage (août 2012), établi par la Commission de coordination de la politique intégrée de l'eau (CIW). En Wallonie, l'évacuation des eaux de pluie doit être prise en compte depuis le 1er janvier 2017 lors de la réalisation de tout nouveau projet de construction dans les zones densément peuplées ou les zones d'activité économique. Si l'infiltration dans le sol n'est pas possible (par exemple pour des raisons techniques), on opte pour une évacuation via une noue ou vers un étang ou un ruisseau. Si cette dernière option n'est pas possible non plus, l'eau de pluie peut toujours être évacuée vers les égouts. Il est de toute façon utile de tester au préalable si le sol est perméable et dans quelle mesure il peut absorber certaines quantités d'eau.


Dispositions légales détaillées à Bruxelles
À Bruxelles, l'installation, l'exploitation et la gestion des bassins d'orage dotés d'une capacité de récupération d'eau de pluie supérieure à 10 m³ sont réglementées par l'arrêté gouvernemental du 23 mai 2019 (complété éventuellement dans certaines communes par un Règlement Communal d'Urbanisme qui formule des directives encore plus spécifiques). En résumé, l'arrêté prévoit une définition détaillée des conditions d'installation des bassins d'orage – qu'ils soient utilisés pour la tamponnement ou l'infiltration – et de leur équipement requis : une chambre de visite spécifique à la sortie de l'ouvrage, un système de régulation du débit de fuite, une chambre de pompage au point le plus bas (pour le nettoyage), une ouverture de ventilation, un système d'alarme signalant d'éventuels problèmes ou défauts dans le processus de vidange... Les bassins d'une capacité à partir de 25 m³ doivent être équipés d'un raccordement électrique et d'un dispositif de télémétrie ou de contrôle à distance. Enfin, l'arrêté définit les conditions de mise en service, d'entretien et de contrôle périodique des bassins d'orage.